Revue de presse « Cheval Pratique » – 1 Enseigne 1 Histoire

Revue de presse « Cheval Pratique » – 1 Enseigne 1 Histoire

Ces marques rythment nos vies de cavaliers depuis parfois des décennies.
Mais sait-on vraiment qui se cache derrière ces enseignes illustres, qui les a créées, quel fut leur développement ?

Partons à la rencontre de ces noms célèbres.

 

Gaston Mercier, enseignant, éleveur, guide de randonnée équestre, cavalier d’endurance de haut niveau, il a créé, voici 30 ans, sa marque de selles.

Retour sur trois décennies d’innovation de père en fils.

Gaston Mercier, en 1983, est alors au début de sa carrière de cavalier d’endurance. Il met au point une selle, sur la base d’un modèle mexicain, qu’il affine et allège. Précurseur, Gaston Mercier recourt, pour l’arçon, à un mélange de fibre de verre et de résine. Aujourd’hui, si le carbone est aussi utilisé, jamais il ne recourra au bois. Les premiers exemplaires sont fabriqués de façon empirique avec le concours d’un ami prothésiste dentaire.

En 1987, Gaston Mercier est champion d’Europe d’endurance, et se tourne vers le sellier Bruno Delgrange qui, pendant deux ans, va réaliser ses premiers modèles. Quant aux arçons, c’est à un artisan local spécialisé dans les matériaux composites que Gaston en confie désormais la fabrication.

1989, il remporte un deuxième titre consécutif de champion d’Europe. Devenu une référence, il entend que sa marque capitalise sur ses titres.

Vers 1991, Gaston confie la fabrication de la Marathippo à la société Forestier. Marathippo ? C’est le nom de la discipline que Gaston Mercier a mise en place, et qui se veut une alternative à la course d’endurance classique.
De 1994 à 1998 s’ouvre une période difficile pour l’entreprise car, sur le marché allemand, profusion de copies de la selle Gaston Mercier, non produites par Forestier, sont vendues.

 

UNE SECONDE NAISSANCE

Dès 1997, le sellier aveyronnais réplique en créant, sur la base de son arçon, plusieurs modèles auxquels il attribue des noms. L’année suivante apparaît l’entité Gaston Mercier Développement, avec en son sein de nouvelles personnes à la production.

Viendra ensuite la Dune, qui reçoit en 2004 un Trophée de l’innovation au Salon du cheval de Paris

L’entrée dans le siècle coïncide avec la sortie de la Sauveterre, qui va connaître, dès l’année suivante, une évolution à travers la Séverac, un modèle plus sportif conçu avec la collaboration d’Olivier Gradwohl, champion du monde de Trec.
Viendra ensuite la Dune, qui reçoit en 2004 un Trophée de l’innovation au Salon du cheval de Paris. « Cette selle a pour singularité d’avoir des étrivières intégrées dons les quartiers, permettant de mieux fixer la jambe du cavalier. » Ce modèle d’endurance est déve­loppé avec le Cheikh Sultan Sin Zayed al Nahyan à Abu Dhabi, « Féru d’innovations » et promoteur d’une endurance respectueuse des chevaux.

À cette même époque, Gaston Mercier met de la couleur dans sa fabrication, il veut que ses selles se voient ! Aujourd’hui, la palette est riche de quinze coloris, permettant une cinquantaine de combinaisons, ce qui ajoute au caractère unique de chaque pièce.

Au cours des années 2005-2007 apparaissent deux modèles : l’Aubrac, à l’esprit plus western, et la Compiègne, une selle » ni trop dressage, ni trop endurance, permettant de chausser relativement court » ; dans le même esprit viendra plus tard la D13.

Un tournant majeur intervient en 2008, au moment où l’atelier et les bureaux quittent Sévérac-le-Château pour intégrer la propriété familiale à Saint-Léons (12). Gaston Mercier en profite pour passer le témoin à son fils Manuel, à ses côtés depuis huit ans. Le mas de Vinaigre, qui était à l’origine un centre équestre, abrite des infrastructures (carrière, rond de longe, piste de galop, etc.) où les clients peuvent venir avec leur cheval essayer in situ selle et accessoires.

 

ARTISANAT LOCAL

L’atelier, où cinq personnes réalisent une dizaine de selles par semaine, occupe une ancienne écurie, et au-dessus, se trouve le showroom. Les bridons, sangles, sacoches et la bagagerie sont réalisés dans un atelier à Mazamet (81) que l’entreprise rachète cette année-là, et où trois personnes expertes en maroquinerie sont employées.

Les cuirs entrant dans la fabrication Gaston Mercier pro­viennent à 80 % de la tannerie Arnal, située tout près de Rodez (12), elle-même quasi exclusivement approvisionnée de peaux de bovins élevés dans l’Aveyron. Les chaussettes sont sous-traitées à un tricoteur du Tarn.

l’entreprise obtient le label Entreprise du patrimoine vivant

En 2013, l’entreprise obtient le label Entreprise du patrimoine vivant (EPV).  » La reconnaissance d’un savoir-faire et d’une fabrication 100 % française, souligne Manuel. Quant à celui « Fabriqué en Aveyron », c’est plus anecdotique mois c’est sympa de l’avoir car cela régionalise notre travail. »

Depuis 2014, la fabrication intègre des modèles à l’esprit davantage lié au dressage moyennant des adaptations permettant plus de fixité du bas de jambes, de creux de siège. « Toutes nos selles, par nature, correspondaient en termes d’équilibre, de position du cavalier, aux prérequis de cette équitation. Le plus long fut de changer les étiquettes (l’image associée à l’endurance et l’équitation d’extérieur, ndlr).»

Aujourd’hui, l’offre Gaston Mercier, c’est douze modèles de selles et une quarantaine de références. » 8O% de la production est vendue en France, le reste à l’export, que nous n’avons pas cherché à vraiment développer, cela se fait par le bouche-à-oreille.  » Côté salons, Gaston Mercier expose chaque année à Paris, Lyon et Avignon.  » Nous sommes aussi à l’Equirando, et quelques grands événements comme les championnats d’Europe et du monde. »

 

REPÈRES

  • Création : 1987
  • Effectif : 13 collaborateurs
  • Production : 500 selles par an
  • Modèles vedettes : Compiègne, Margeride, D13, Florac
  • Principal marché à l’export : Émirats Arabes Unis
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Christophe Hercy – Cheval Pratique